ŒUVRE D'UNE TRES GRANDE DIVERSITE
Il produisit également de nombreuses séries de cartes postales à thématique animalière humoristique, avec le chat comme animal favori : Chats dansant le French cancan et autres danses d'époque ; les chats et l'opéra, une thématique qui apparaît aussi sous forme de bons points à l'intention des écoliers sages !
Grand admirateur de Jean de Lafontaine, les fables restent tout au long de son œuvre sa source principale d'inspiration. Le journal Le Sourire du 10 février 1902 présente une planche illustrée en noir et blanc intitulée "L'Aveugle et le paralytique, fable de La Fontaine...du Jardin des plantes".
Dans l'Almanach Nodot de 1911, on trouve sous sa plume une rubrique, "Les grands fabulistes", consacrée le premier de chaque mois, à l'illustration pleine page, noir et blanc, d'une ou deux fables d'auteurs connus et moins connus (La Fontaine, Florian, Voltaire, Ratisbonne, Viennet ...)
Son bestiaire est très riche, européen et exotique. Bons tours joués par des singes, des girafes ou des éléphants, histoires de grenouilles, de lapins, de hérissons, de tortues, de chiens et de basse-cour, mariage et vie quotidienne des souris, leçons de solfège pour les chats, les singes et les souris ! La thématique moralisatrice de l'époque à l'usage des petites filles n'est jamais absente en conclusion des historiettes.
Il s'illustra aussi dans l'imagerie populaire, avec sa participation aux "pages gaies" des premiers numéros du magazine populaire illustré à l'usage de la famille, Mon Bonheur, édité par Jules Tallandier, dans les années 1905, 1908.
Il a également publié à l'Imagerie Albert Quantin, versant parisien de l'Imagerie d'Epinal, un conte illustré, Le Briquet (série n°16, "Contes de fées", 1900), dans lequel on peut, peut-être, reconnaître un fantasme autobiographique.
La bonne chère et le bon vin constituent une thématique fréquente des dessins à l'usage des adultes, (Almanach Nodot, 1906, 1908, 1909, 1911, 1912), faisant suite aux grivoiseries de la jeunesse en milieu militaire ("Les grandes manœuvres conjugales", La BaÏonnette (1901), et contribuant à une vision hédonique de la vie.
Son patriotisme fut également une source importante d'inspiration, comme en témoigne la série de cartes postales politiques dirigées contre l'impérialisme germanique précédant la guerre de 1914.
Il participa au Salon des Humoristes (1907, 1908, 1920, 1922, 1923, 1924, 1925), au Salon du Gil Blas et fut l'auteur de dessins et peintures à la gouache, au fusain et à l’huile.
Nous sommes en train de répertorier l'ensemble de son œuvre.
Il est fort probable, d'après leur facture graphique, qu'un certain nombre de dessins parus sous le nom d'All Right, dans Ma Récréation (1911-1913) soient aussi l'œuvre de Jean d'Aurian. Curieusement l'année 1912 comporte 9 dessins signés All Right et un daté du 27 juillet signé J. d'Aurian. Comme la plupart des dessins de ce dernier, ils sont en couleur, pleine page, souvent la dernière page, un cercle entourant les images les plus significatives, la signature soulignée. Rappelons que, par l'usage de plusieurs pseudonymes, les dessinateurs de l'époque multipliaient leurs chances d'être publiés en contournant l'obligation d'exclusivité souvent exigée par les éditeurs.